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Les Beffrois

France, Belgique, Pays-Bas

Arras (Atrecht) | 07 août 2009

  • édification par la charte communale acquise en 1157-1163 par Philippe d'Alsaccliquez sur l'image pour accéder à l'albume, confirmée par Philippe Auguste en 1194. Elle inspire celles de Gand, Ypres, Lille et Douai.
  • construit en :
    • Epoque romaine : Arras est déjà un civitas, chef-lieu administratif
    • 880 : Arras est détruite par les invasions normandes, elle se reconstituera autour de l'Abbaye de Saint-Vaast.
    • XIe siècle : la ville est déjà un des centres d'industrie drapière.
    • 1113 ou 1114 : on note l'apparition de l'échevinage d'Arras, alors composé d'un maieur et de douze échevins. En 1194, la ville élit ses magistrats de façon annuelle, ce qui fut imitée par la suite par la plupart des autres villes. Il y a alors un perron dans la ville, le perron Robert Cosset, du nom d'un riche bourgeois, appartenant à une famille impliquée dans les charges municipales aux XIIIe et XIVe siècles. Au XIIIe siècle, la tour de guet est alors le clocher de l'Eglise Saint-Géry, démolie à la Révolution française. Il semblerait qu'elle abritait également le trésor, ou huchet aux chartes.
    • XIIIe siècle : les bourgeois font du négoce et pratique l'usure parfois jusqu'à des taux de 20% et davantage pour les plus puissants souverains d'Europe, au grand damne de l'Église.
    • 1463-1477 : début de la construction du beffroi, pour symboliser le pouvoir de la commune et servir de tour de guet, les premiers guetteurs en sont Jean Delamotte et Pierre Goulûtre, ils demandent une augmentation de salaire, l'un  nous donne sa raison : à cause "du travail grand qu'il avoit plus à monter au beffroi qu'au clockier de Saint-Géry". Il toucha un demi-sol de plus par jour.
    • 1479 : Louis XI décide de raser la ville et l'efface des cartes, au propre comme au figuré : le nom d'Arras est banni, l'interdiction sera levé par Charles VIII.
    • 1492 : reprise des travaux mais ralentissement.
    • 1501-1506 : l’échevinage décide de construire un hôtel de ville ceignant le beffroi (maître d'oeuvre est Mathieu Martin), la halle aux cuirs devenant trop petite, elle sera détruite pour laisser sa place : "le lieu et place de l'eschevinaige est caducque et chiet en ruigne". Celle-ci était décorée de fresques et d'insignes de la ville, notamment les Rats d'Arras. La Halle aux draps se située à l'emplacement de l'actuelle rue de la Taillerie (signifiant mesurage). Pour sa construction, on dut vendre différentes maisons : la "maison que on dist la Vingtaine", la maison de la Bretecque, la maison du Poix...
    • 1520 : on décore la Chapelle Sixtine de tapisseries appelées Arazzi (elles sont maintenant au Musée du Vatican).
    • 1541 : on installe l'horloge, confectionnée par l’Arrageois Jacques Halot.
    • 1553 : achèvement du beffroi, surmonté l'année suivante de la couronne impériale et du lion d'Arras.
    • 1572 : ajout d'une aile de style Renaissance sur les plans de Mathias Thesson.
    • 1694 : on ajoute le carillon.
    • 1832 : le clocheton du beffroi (30 derniers mètres) menace ruine, on entame des travaux sous la direction de Trexel.
    • 1841 : on installe le lion.
    • 1843 : le facteur de piano Wagner installe le carillon.
    • 1844 : inauguration du couronnement terminé.
    • 1914 : endommagement par les tirs de l'artillerie allemande, le 6 octobre. Il s'écroule le 21 octobre. De son haut, on avait une vue trop dangereuse sur le front.
    • 1924-1934 : reconstruction de l'Hôtel de Ville à l'identique (la bretèche est plus petite cependant et sans les ajouts Second Empire), les nombreuses boves (galeries souterraines) n'allèrent pas sans poser problème. En 1930, on installe le lion, en 1932, on installe un nouveau carillon de 37 cloches.
    • 2000 : restauration du cadran de l'horloge.
    • 2005 : ravalement de la façade.
  • architecte : Jacques Le Caron. Pierre Paquet pour la reconstruction après-guerre.
  • style : gothique flamboyant.
  • matières : à l'origine, grès de Lewarde et de Montigny, pierres blanches ; actuellement, béton armé et grès d'origine récupéré des ruines et pierres blanches

cliquez sur l'image pour accéder à l'album

  • hauteur : 75,36 m (à l'origine, 364 marches, maintenant 43 marches après l’ascenseur obligatoire / 9 étages)
  • lieu : Hôtel de Ville - Place des Héros - 62001 Arras
  • renferme : anciennement les services communaux / actuellement l'Office de tourisme et les salles du conseil municipal, une exposition sur le développement urbain. Le beffroi renferme la salle des cloches, puis la première galerie.
  • visitable : Tous les jours (en été, de 9 h à 18 h 30). Montée : 2,30 € adulte ; 1,60 € enfant ; gratuit – de six ans.
  • inscrit :
    • dès 1840, sur la première liste de monuments classés proposée par Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments Historiques, d'où le nom de Base Mérimée, pour la base de données répertoriant le patrimoine architectural français.
    • en 2005 sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
  • girouette : un lion artésien (et non flamand) tenant un soleil datant du règne de Louis XIV, sur une couronne impériale (comme à Audenarde), symbolisant le souverain des Pays-Bas du Sud, Charles Quint. Le lion originale de 1554, complètement informe, se trouve aujourd'hui au musée, comme celui de 1841. Les flèches des lucarnes du toit de l'Hôtel de Ville sont aux armes des métiers.
  • cloches : au XVe siècle, la Banclocque, Effroy, Couvre-feu, Guet. Maintenant 40 cloches, soit 5727 kg et le bourdon La Joyeuse.
  • carillon (mélodies) :
    • à l'heure : Iras-tu vir el fet' d'Arras
    • au quart : Do-mi-sol-do
    • à la demi : Fra diavolo
    • aux trois-quarts : Do-mi-sol-do (trois fois de suite)
  • légende / anecdote :
    • Salon M. Battard, Arras était avec Tournai et Cambrai la plus vieille ville des Pays-Bas.
    • Inspiré par celui de Bruxelles pour sa base, et celui d’Audenarde pour son couronnement. Il inspirera celui de Saint-Quentin.
    • Un statue de Saint-Vaast décorait la façade, comme il y avait Notre-Dame de la Gésine (La Nativité) et Saint-Amé à Douai, les saints Michel, Jean, Philippe et André à Lille, Saint-Pierre à Louvain...
    • L'intérieur de l'hôtel de ville est remarquable pour ses boiseries sculptées dans la salle d'honneur.
    • L'Hôtel de Ville est placé sur la petite place, alors qu'habituellement il occupe la grande place. Ce "Petit Marché" abrite la Halle, la chapelle Notre-Dame des Ardents, la Maison Rouge, le pilori... Depuis 1945, elle porte le nom de place des Héros en hommage aux résistants arrageois fusillés pendant la guerre 1939-1945.
    • La Grand'Place fait 184m sur 96m (environ 1 hectare) et aligne 155 maisons toutes différentes, de style baroque flamand sur 345 colonnes de grès.
    • En 1789, les révolutionnaires assimilent la couronne à un emblème séditieux : le maire la sauve en la masquant d’une calotte de plomb en forme de bonnet phrygien.
    • C'est d'Arras qu'est partie la candidature des beffrois à l'UNESCO, à l'initiative de l'Arrageois François-Xavier Muylaert, président de l'association Beffrois et patrimoine.
    • Un concert de carillon a lieu les premiers samedis du mois à 11h, au moment du marché.
  • Carnaval : descente du père Noël, embrasement du beffroi début septembre célébrant la libération de 1944.

Publié par Guil à 16:43:58 dans France - Pas-de-Calais | Commentaires (0) |

Camille Lemonnier - Les deux consciences | 07 août 2009

Il levait la main et, comme le jour où il était venu pour la première fois, il ajoutait :
 – Je monterai au Beffroi, j’irai à la tour m’emplir le cœur de vérité et d’espace. Je veux tenir cette ville de Portmonde sous mes pieds.

[...]

Ce jour-là, Wildman tout à coup se décidait à monter à la tour du Beffroi. Le nord sec et venteux avait étanché la pluie. De brusques rafales s’engouffraient, tournoyaient dans la spirale énorme. Il goûta une ivresse de force et de lutte. Bientôt il domina la ville, les toits s’enfoncèrent, le palais de justice ne fut plus, dans la profondeur, qu’un cube lourd d’où dardait l’effilement d’une ancienne tourelle près de l’eau.

 Ce fut en lui-même comme la sensation d’une délivrance. À chaque marche, il grandissait, échappait aux ombres, entrait un peu plus dans la lumière. Elle arrivait de là-haut avec un bruit d’ouragan. Quelquefois le carillon sonnant les quarts semblait de tous ses marteaux la reforger aux enclumes du ciel.

 Wildman vécut là une assomption d’humanité. La tour comme un cœur battait, et il ne cessait pas de monter. Il dépassa la logette des veilleurs par delà les quatre cadrans d’or, déboucha sur un palier. Il crut qu’une porte, en s’ouvrant, avait troué l’éternité. Il s’accrocha des mains, dans un vertige délicieux ; sa poitrine se gonflait d’espace, de vent et de clarté. Il eut devant lui toute la terre, jusqu’à la ligne grise de la mer, à l’horizon. Il fut dans la tourmente immense du jour ; les nuées comme des voiles claquaient à ses épaules. Portmonde maintenant, du fond de la cuve, n’était plus qu’un paysage brouillé parmi une symétrie d’eaux, de toits et de feuillages. Il plongea par-dessus le vide, aperçut la pointe des clochers comme arrêtés à mi-hauteur dans leur élan vers le ciel libre. La tour laïque, le donjon des hommes de Flandre commanda à l’étendue plus haut que les cathédrales. En tous sens, comme les rayons de la rose des vents, couraient les fleuves et les routes. Des arènes, des bassins, des darses creusaient les limons blonds. Par là allaient revenir la mer et le vent, roulant les flottes innombrables ; là un monde se lèverait, refoulant les ombres. La mort encore une fois était vaincue. Des forces jeunes, ardentes, l’héroïsme des hommes nouveaux avaient eu raison de la vieille société. Ceux-là aussi, l’Idée les poussait, le souffle immense des temps qui allaient tout réaliser.

 Wildman eut une minute d’orgueil infini, comme si à présent, avec la terre et tout le passé sous ses pieds, il avait vraiment le droit de dire :
 – Moi, Wildman…

source : beltext

Publié par Guil à 13:44:00 dans Les Beffrois | Commentaires (0) |

Nivelles (Nijvel) | 06 août 2009

cliquez sur l'image pour accéder à l'album

  • Charte communale : En 1262 soulèvement de la « commune » de Nivelles : les habitants affrontent l'autorité abbatiale, jusqu'en 1265 ; chartes et traités conclus avec d'autres villes ainsi que le sceau communal créé pour la circonstance sont finalement détruits. Les véritables représentants de l'autorité communale sont les jurés, les rentiers et les maîtres des métiers qui apparaissent au XIVe siècle.
  • construit en : 
    • 1888-1891, construction à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Paul, désaffectée par la Révolution française
    • 1998-2001 : construction du Nouveau Palais de Justice dans la rue Clarisse
  • architecte : Valère Dumortier
  • style : néo-gothiques et néo-Renaissance flamande
  • matières : briques rouges, pierres blanches et calcaire
  • hauteur : une vingtaine de mètres (?? marches / 5 étages)
  • lieu : Ancien Palais de Justice - Place Albert 1er (anciennement Place Saint-Paul) - 1400 Nivelles
  • renferme : tribunal de première instance et les chambres civiles et pénales
  • visitable : non
  • inscrit : non
  • jacquemart : sur la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles, Jean de Nivelles, sur la tourelle sud (date du XIIIe siècle). Jean de Nivelles serait né vers 1400. Il avait été placé sur la tour de la maison communale, qui se trouvait dans la partie inférieure de la grand place. Aussi longtemps qu'il officia à l'hôtel de ville, les textes ne lui donnent pas de nom. En 1525, c'est "l'homme qui frappe les heures" et en 1535 "l'homme de keouvre" (cuivre). Tout porte à croire qu'il a été baptisé lors de son transfert à la tourelle sud de la collégiale en 1617. Son nom vient de la confusion entre Jean de Nivelle (Nevele en Flandre Occidentale) et l'expression " être comme ce chien de Nivelle, qui s'enfuit quand on l'appelle".
  • girouette : spirales en fer forgé
  • légende / anecdote : 
    • La fontaine du perron de Nivelles en style gothique flamboyant, symbolise les libertés de la ville. Elle fut érigée en 1523. A l'origine le clocheton était surmonté de la statue de l'Archiduc Albert qui fut remplacée au XXe siècle par une statue de St Michel de l'artiste Marcel Collet.
    • A l'époque, la réalisation de l'ancien palais de justice avait coûté 250.000 francs belges. Le coût du Palais de Justice II s'est élevé quant à lui à 514 millions de francs belges (près de 13 millions d'euros). Le nouveau palais de justice abrite la cour d'assises, la justice de paix, le tribunal du travail, le tribunal de police et le tribunal de commerce, l'auditorat du travail et le parquet de police. Il dispose, à l'entrée, d'un véritable accueil : une première en Belgique.
    • Une statue de Jean de Nivelles orne l'angle du beffroi
  • Carnaval : le week-end qui suit le Mardi gras où des sociétés de gilles se produisent, du samedi au mardi. En 2010 se déroulera le 108e carnaval.

Publié par Guil à 17:37:49 dans Belgique - Brabant | Commentaires (0) |

Émile Verhaeren - Bruges au loin | 06 août 2009

Bruges et ses clochers de pierre
Et Saint-Sauveur et Notre-Dame
Montent, tels des géants, dans l'air.
Mais le plus haut, mais le plus clair,
Celui dont le cadran de flamme,
Comme un soleil luit sur les toits
C'est le beffroi;
Il regarde jusqu'à la mer.

Jour de juin - ciel tranquille.
Toute la ville
N'est que clartés et que rayons:
Les lucarnes de ses pignons
Comme des morceaux d'or scintillent

De Heyst et de Wendune,
On l'aperçoit, du haut des dunes,
Régner sur l'horizon flamand:
Ses tours, l'autre après l'une,
Comme des blocs de diamant,
Sortent de l'ardente poussière
Que lui fait la trop forte et torride lumière.

Elle apparaît ainsi, comme enflammée
Dans l'atmosphère ardente,
Ses toits pliés semblent des tentes
D'une poudreuse et fulgurante armée;
Quand ses cloches et ses bourdons fidèles
Sonnent et sonnent,

Toute la campagne est vibrante d'elle;
Et les chemins et les sentiers des horizons,
Au bruit tonnant des sons profonds,
Et les routes des hameaux
Et des plages et des villages,
Et les eaux même des canaux
Semblent marcher d'accord,
A travers le pays qu'elle s'adjuge,
Vers cette gloire en cendre et or :
Bruges!

Source : Émile Verhaeren, Toute la Flandre

Publié par Guil à 15:03:53 dans Belgique - West-Vlaanderen | Commentaires (0) |

Jules Michelet - Bruges et son carillon | 06 août 2009

    La gigantesque tour a beau avoir perdu sa flèche, elle ne plane pas moins haut, comme le génie même de Bruges. J'écoute son carillon, le premier de l'Europe, qui se changeait en cloche d'appel, en beffroi, entendu de dix lieues, quand éclatait l'orage communal ou la révolte contre la tyrannie féodale.

Jules Michelet. Sur les chemins de l'Europe : Angleterre, Flandre, Hollande, Suisse, Lombardie, Tyrol ; p.281
(Bibl.Gallica)

Publié par Guil à 15:03:17 dans Belgique - West-Vlaanderen | Commentaires (0) |

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