e, confirmée par Philippe Auguste en 1194. Elle inspire celles de Gand, Ypres, Lille et Douai.Publié par Guil à 16:43:58 dans France - Pas-de-Calais | Commentaires (0) | Permaliens
Il levait la main et, comme le jour où il était venu pour la première fois, il ajoutait :
– Je monterai au Beffroi, j’irai à la tour m’emplir le cœur de vérité et d’espace. Je veux tenir cette ville de Portmonde sous mes pieds.
[...]
Ce jour-là, Wildman tout à coup se décidait à monter à la tour du Beffroi. Le nord sec et venteux avait étanché la pluie. De brusques rafales s’engouffraient, tournoyaient dans la spirale énorme. Il goûta une ivresse de force et de lutte. Bientôt il domina la ville, les toits s’enfoncèrent, le palais de justice ne fut plus, dans la profondeur, qu’un cube lourd d’où dardait l’effilement d’une ancienne tourelle près de l’eau.
Ce fut en lui-même comme la sensation d’une délivrance. À chaque marche, il grandissait, échappait aux ombres, entrait un peu plus dans la lumière. Elle arrivait de là-haut avec un bruit d’ouragan. Quelquefois le carillon sonnant les quarts semblait de tous ses marteaux la reforger aux enclumes du ciel.
Wildman vécut là une assomption d’humanité. La tour comme un cœur battait, et il ne cessait pas de monter. Il dépassa la logette des veilleurs par delà les quatre cadrans d’or, déboucha sur un palier. Il crut qu’une porte, en s’ouvrant, avait troué l’éternité. Il s’accrocha des mains, dans un vertige délicieux ; sa poitrine se gonflait d’espace, de vent et de clarté. Il eut devant lui toute la terre, jusqu’à la ligne grise de la mer, à l’horizon. Il fut dans la tourmente immense du jour ; les nuées comme des voiles claquaient à ses épaules. Portmonde maintenant, du fond de la cuve, n’était plus qu’un paysage brouillé parmi une symétrie d’eaux, de toits et de feuillages. Il plongea par-dessus le vide, aperçut la pointe des clochers comme arrêtés à mi-hauteur dans leur élan vers le ciel libre. La tour laïque, le donjon des hommes de Flandre commanda à l’étendue plus haut que les cathédrales. En tous sens, comme les rayons de la rose des vents, couraient les fleuves et les routes. Des arènes, des bassins, des darses creusaient les limons blonds. Par là allaient revenir la mer et le vent, roulant les flottes innombrables ; là un monde se lèverait, refoulant les ombres. La mort encore une fois était vaincue. Des forces jeunes, ardentes, l’héroïsme des hommes nouveaux avaient eu raison de la vieille société. Ceux-là aussi, l’Idée les poussait, le souffle immense des temps qui allaient tout réaliser.
Wildman eut une minute d’orgueil infini, comme si à présent, avec la terre et tout le passé sous ses pieds, il avait vraiment le droit de dire :
– Moi, Wildman…
source : beltext
Publié par Guil à 13:44:00 dans Les Beffrois | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Guil à 17:37:49 dans Belgique - Brabant | Commentaires (0) | Permaliens
Bruges et ses clochers de pierre
Et Saint-Sauveur et Notre-Dame
Montent, tels des géants, dans l'air.
Mais le plus haut, mais le plus clair,
Celui dont le cadran de flamme,
Comme un soleil luit sur les toits
C'est le beffroi;
Il regarde jusqu'à la mer.
Jour de juin - ciel tranquille.
Toute la ville
N'est que clartés et que rayons:
Les lucarnes de ses pignons
Comme des morceaux d'or scintillent
De Heyst et de Wendune,
On l'aperçoit, du haut des dunes,
Régner sur l'horizon flamand:
Ses tours, l'autre après l'une,
Comme des blocs de diamant,
Sortent de l'ardente poussière
Que lui fait la trop forte et torride lumière.
Elle apparaît ainsi, comme enflammée
Dans l'atmosphère ardente,
Ses toits pliés semblent des tentes
D'une poudreuse et fulgurante armée;
Quand ses cloches et ses bourdons fidèles
Sonnent et sonnent,
Toute la campagne est vibrante d'elle;
Et les chemins et les sentiers des horizons,
Au bruit tonnant des sons profonds,
Et les routes des hameaux
Et des plages et des villages,
Et les eaux même des canaux
Semblent marcher d'accord,
A travers le pays qu'elle s'adjuge,
Vers cette gloire en cendre et or :
Bruges!
Source : Émile Verhaeren, Toute la Flandre
Publié par Guil à 15:03:53 dans Belgique - West-Vlaanderen | Commentaires (0) | Permaliens
La gigantesque tour a beau avoir perdu sa flèche, elle ne plane pas moins haut, comme le génie même de Bruges. J'écoute son carillon, le premier de l'Europe, qui se changeait en cloche d'appel, en beffroi, entendu de dix lieues, quand éclatait l'orage communal ou la révolte contre la tyrannie féodale.
Jules Michelet. Sur les chemins de l'Europe : Angleterre, Flandre, Hollande, Suisse, Lombardie, Tyrol ; p.281
(Bibl.Gallica)
Publié par Guil à 15:03:17 dans Belgique - West-Vlaanderen | Commentaires (0) | Permaliens
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