La Cavalcade des Géants (Le Grand Écho du Nord et du Pas-de-Calais, 25 avril 1892)
Air de Gayant
L'air de Gayant, qu'un sieur Lajoie, grenadier et maître de danse au régiment de Navarre a composé, dit-on, en 1775, n'avait pas, primitivement, de refrain, et se composait de douze mesures (six vers). En 1801, on y ajouta dans le même mode et la même mesure (2/4), un refrain maintenant fort connu, sur ces paroles :
Turlututu Gayant........
Turlututu Gayant pointu.
Puis, postérieurement, on y introduisit une ritournelle en majeur et à 6/8, que l'on trouve dans la plupart des morceaux arrangés sur ce thème pour piano, harmonie ou fanfare.
Auguste Desrousseaux, Monstres et géants - II Le Gayant de Douai, p. 38
in La Tradition : revue générale des contes, légendes, chants, usages, traditions et arts populaires, n°2 Mai 1887
Staf Nees - Le Carillon de Douai - Le Gayant
Le carnaval dunkerquois : Reuzelied
Géants Roland/Roeland

On admet généralement que l'origine des géants est le personnage de Goliath. Cependant celui-ci peut être rapproché d'autres personnages guerriers ou croisés comme le célèbre Roland. En tant que géant, on le retrouve à Hazebrouck et à Dunkerque, mais il se trouve que c'est la personnification des libertés des villes de la Hanse ainsi que le nom de la célèbre cloche du beffroi de Gand Roeland. C'est Charles Quint qui aurait souhaité faire vivre la tradition des Géants d'Espagne et du Portugal, et c'est lui qui priva le beffroi de Gand de sa cloche Roedand.
cf. les pages wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_d'Hazebrouck
https://nl.wikipedia.org/wiki/Klokke_Roeland
article sur le Carnaval dans le Nord
(Le Matin, 26 février 1936)
avec Roland d'Hazebrouck et Reuze-Papa de Cassel
Géants Goliath

Un personnage récurrent que l'on croit être à l'origine de la tradition des Géants est le personnage biblique de Goliath. On le retrouve à Ath (où il a une femme), Namur, Aalter, Grammont, Lierre, Nieuport, Termonde, Wetteren, Ypres, Dunkerque... mais aussi en Espagne, Italie, Pays-Bas...
Une des girouettes des halles de Ypres est un Goliath.
Tout comme la Gayant de Douai, il n'est pas sans rappeler également avec son armure les Rolands.
ici, La Famille du Grand Gayant de Douai par Louis Watteau (1781)
cf. les pages wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Goliath_(géant_processionnel)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gayant
https://fr.wikipedia.org/wiki/Goliath_(Bible)
Géants du cheval Bayard

Une figurine qui sort du lot des Géants est celle du cheval Bayard et les quatre fils Aymon (Ros Beiaard en de Vier Heemskinderen). Ils se retrouvent à Alost, Malines, Termonde, Bruxelles, Ath, Dinant, Namur, Nivelles, Oisy-le-Verger...
cf. les pages wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ros_Beiaard
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bayard_(cheval)
ici, les Géants de Nivelles
Reuzelied (Edmond de Coussemaker, Chants populaires des Flamands de France)

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Als de groote klokke luyd, |
Quand la grosse cloche sonne |
Scandinavische Herinneringen
Ce chant, très populaire dans toute la Flandre et le Brabant, a eu une vogue particulière à Dunkerque, à cause de la procession du géant (Reuze) qui s’y faisait tous les ans et dont l’usage remonte à un temps immémorial. De semblables processions avaient lieu d’ailleurs dans plusieurs autres villes et l’on y chantait également le Reuzelied.
Quelques écrivains pensent, et avec raison selon nous, que cette chanson et cette cérémonie se rattachent à des souvenirs Scandinaves. En effet, quand on interroge l’Edda, on y trouve divers passages où il est question des guerres entre les Reuzes ou Iotes et les Ases ou Guds. Les Rcuzes qui, suivant certains auteurs, n’étaient autres que les Finois, avaient fait à plusieurs reprises des tentatives d’invasion sur le territoire occupé par les Ases. Ceux-ci avaient fini par les repousser dans les déserts. De là une antipathie de race qui parait avoir survécu chez les descendants des Ases, les Saxons et les FlamandsSaxons. C’est ce qui explique l’aversion exprimée contre les Reuzes, dans le Reuzelied, par cette variante rapportée dans Willems :
Die zeid : wy zyn van Reuzen gekomen,
Zy liegen daerom.
« Ceux qui disent : nous descendons des Reuzes, en ont menti. »
C’était pour le peuple le représentant d’un ennemi que ses ancêtres avaient eu à combattre plus d’une fois et à refouler dans leur désert.
Le texte de ce chant a été corrompu à diverses époques et l’on n’en possède plus aujourd’hui qu’un reste informe. Quoi qu’il en soit, il est très répandu dans toute la Flandre ; il se chante sur les cotes depuis Anvers jusqu’à Gravelines, avec plus ou moins de variantes.
Mais une chose des plus remarquables, c’est que ce texte se chante sur un air dont la première partie est la reproduction exacte, avec un mouvement plus vif, du chant de l’hymne chrétienne, Creator alme siderum, et dont la seconde a dû être primitivement aussi la même que la dernière phrase musicale de la même hymne. Ce qui nous le fait penser, c’est que dans les deux premiers airs que nous rapportons et dans celui que donne Willems, cette seconde partie y est différente, tandis que, dans les trois airs, la première partie est semblable. Pourquoi, admettant la première partie de la mélodie chrétienne, aurait-on répudié la seconde pour y substituer une phrase assez molle et peu nette ? Cela ne semble pas rationnel. Il est probable que primitivement l’air entier du Creator alme siderum aura été adapté au texte du Reuzelied, et que la deuxième partie aura été peu à peu corrompue. C’est le seul moyen, croyons-nous, d’expliquer les différences que nous avons signalées. Nous avons indiqué, sous le No 3, la mélodie telle que, suivant nous, elle a été primitivement chantée. A Cassel, le peuple parodie la chanson ainsi :
« Al die zeggen dat Titika kom’
» Ze liegen daerom.
» Titika rydt te peirde, te peirde, etc.
(1) Variante (Dunkerque) :
Aldie zeggen : de Reuze kom’
Zy liegen daerom
Keere wêerom, de Reuze, de Reuze,
Keere weêrom,
Gy schoone blom.
(2) Ces trois derniers couplets nous ont été donnés par M. E. Ronse, de Fumes.
(3) Variante de Dunkerque : Tous ceux qui disent : le Reuze vient, en ont menti. Retourne-toi, Reuze, Reuze, retourne-toi, belle fleur.
Edmond de Coussemaker, Chants populaires des Flamands de France, p. 135 (1856)
in les Annales du Comité flamand de France, Tome XXXVII, 1930
