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Paul Adam - Le Lion d'Arras (1920)

6 Octobre 2011, 17:38pm

Publié par Guil1

Le Lion d’Arras, publié en 1920, est le dernier roman de Paul Adam (1862-1920).. Il met en scène le personnage fictif de Juste-Émile Héricourt, marin et aéronaute, qui, après avoir accompagné La Fayette en Amérique, revient épouser sa cousine Cécile, héritière des Forges d’Arras, avant de participer aux guerres révolutionnaires aux côtés des armées qui gagneront la bataille de Valmy.Le Lion d’Arras constitue en partie un « roman historique » : il s’inscrit clairement dans deux moments de l’Histoire de la Révolution française : un premier groupe de chapitres (1 à 8) a pour toile de fond la préparation des États généraux (1788-1789) ; un deuxième ensemble (chapitres 9 à 11) se situe en août-septembre 1792 et se termine à l’aube de la victoire de Valmy (découpage qui correspond aux deux grands événements de la vie du héros du livre, Juste-Émile Héricourt : ses fiançailles avec Cécile, puis, trois ans plus tard, son départ pour l’armée révolutionnaire). Chemin faisant sont évoquées (parfois sur le mode rétrospectif) les élections aux États généraux (136), la fuite du roi (144,159), la suspension du pouvoir royal (150), la rumeur de la trahison de La Fayette (184), les tueries des 2 et 3 septembre 1792 (231).

Intéressera l’historien le souci que manifeste Paul Adam de rendre compte de l’évolution de l’opinion publique ; si, en 1789, le peuple d’Arras parle du « bon roi » qui a décidé de la tenue des États Généraux, il le désigne, en 1792, sous les noms de « ch’gros Louis », « Le Capétien » ou « l’gros porc » (163) ; et, lors de cette même année 1792, la foule, influencée par les notables de la ville, approuve, après des réactions de stupeur et quelques hésitations, la suspension du pouvoir royal décidée le 10 août par l’assemblée législative (150, 265)…

Bernard Allein, Notes sur Le Lion d’Arras de Paul Adam (Nord' 2019/1 (N° 73), pages 97 à 103)

source : https://www.cairn.info/revue-nord-2019-1-page-97.htm

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Noms de villes

26 Juillet 2011, 17:16pm

Publié par Guil1

    Versions en néerlandais et vlaemsch des noms de villes :

- Arras (Atrecht)
- Bailleul (Belle)
- Bergues (Sint Winoksbergen / Sint-Winocs Bergen)
- Calais (Kales)
- Capelle-la-Grande (Kapelle)
- Douai (Dowaai)
- Dunkerque (Duinkerke / Duunkerke)
- Hazebrouck (Hazebroek / Haezebroeke)
- Lille (Rijsel / Ryssel)
- Rosendaël (Rozendaal / Roozendaele)
- Saint-Omer (Sint-Omaars / Sint-Omaers)
- Saint-Pol-sur-Mer (Sint-Pols)

    Remarquons que la graphie du flamand français, restée traditionnelle et fidèle au vieux flamand de la région (par exemple, maintien du ae, prononcé /a:/ ou /â:/, qui correspond au néerlandais standard aa, lui prononcé /a:/) se différencie du néerlandais standard.

source : http://www.dendraed.com/wp-content/uploads/2010/11/fiche-de-langue-indispensable-en-flandre-taalfiche-onmisbaar-in-Vlaanderen.pdf

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Les sirènes des beffrois de Flandre

17 Mai 2011, 18:37pm

Publié par Guil1

    L'origine de ces sirènes était mystérieuse. Un savant érudit lillois, le chanoine Détrez, l'a mise en lumière. Selon lui, ces sirènes représenteraient la fée Mélusine dont la légende était très répandue au Moyen Age (1). Elle avait épousé un Lusignan (d'où son vieux nom de Mélusine, mère de Lusignan). En 1387, le poète Jean d'Arras écrivit son histoire pour le duc Jean de Berry, et grâce aux ménestrels, la légende se répandit rapidement dans le Nord, les Lusignan étant alliés aux ducs de Bourgogne, souverains des Pays-Bas à partir de 1384. La femme-poisson fut en honneur dans toutes les fêtes publiques. Aussi est-il vraisemblable qu'elle fut choisie comme mascotte par les échevins de Bailleul et d'Armentières. Comme elle était l'inspiratrice des constructeurs de châteaux et de tours, elle devint la patronne des guetteurs des beffrois (2).

   (1) Détrez, Les sirènes et les beffrois de Flandre, Bulletin de la Commission historique du Département du Nord, 1933 : Un seigneur Rémondin de Poitiers (ancêtre des Lusignan) épousa une femme nommée Mélusine. Il so'bligea à ne pas la voir le samedi, mais emporté par sa curiosité, il regarda par le trou de la serrure ; il la vit dans son bain, se peignant les cheveux, un miroir à la main et le corps terminé par une queue de poisson. Le cri qu'il poussa la fit disparaître, mais chaque fois qu'un Lusignan se trouve en danger, elle revient au château ; elle apparaît comme messagère de malheur, au sommet de la tour, et pousse des cris avertisseurs".
   (2) Détrez, ibid.

M. Battard, Beffrois, Halles, Hôtels de Ville dans le Nord de la France et la Belgique, p.36-37
Brunet, Arras, 1948

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Emmanuel Looten - Bergues, mon Nord

17 Mai 2011, 18:30pm

Publié par Guil1

BERGUES, MON NORD.

Mon Nord est froid d'un froid de fer.
Nos cieux offerts sont durs
En leur pâleur de tendre porcelaine.

Je vois ces vieux quais morts et leurs canaux herbus,
Des pavés, l'orgueil tors de ma cité nouée
En ses murailles souveraines.

Mon pays s'ennoblit de ce qu'il a souffert,
Nul ne sera vainqueur de sa force d'attendre,
Ma Flandre est chaude commme un coeur.


Ma ville est une joie

Bergues noble Cité, pur symbole de Flandre
Au plein cœur de nos champs si vastement fertiles,
Vents rugueux, tournoyant ces miasmes de marais,
Tempêtes miaulées aux cingles du Beffroi.

Jaillies hors de nos plaines, sur la Mer regagnées,
Ces maisons incurvant le fil calme des pierres.
Tuiles douces, rosies en ces nuances fines,
Epandant en cascade l'équilibre des plans.

Vestiges de mystique, l'Abbaye, tant d'églises,
Monuments survivant aux morsures des guerres ;
Et le cerne rugueux, traçant l'ancienne enceinte
Percée de portes mémorables...

Un soir rouillé évapore ma ville :
Pays du souvenir où les reflets s'allument.
Au soleil frisant d'or, l'agonie des murailles,
Sombre tragiquement en ténèbres de pourpre...

Alors s'endormiront et l'oiseau et la rue,
Gris-argent s'estompait la Nekerstorre étrange...
Ai-je vu par ces ombres aux joies d'un fier Passé,
Ces Reusen fabuleux, déambulé silence...

source : http://pagesperso-orange.fr/villedebergues/bergues-looten.htm

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Lille - Quartier de l'Hôtel de Ville (Maxence van der Meersch)

17 Mai 2011, 18:29pm

Publié par Guil1

    C'était la veille de la Saint-Nicolas. Un vendredi. Je me rappelle qu'il avait neigé. Il faisait un froid polaire. J'étais allé au court de droit civil, de trois à cinq, d'après l'horaire. Ça veut dire qu'il était six heures quand je sortis de la Fac. Je me souvins à ce moment que j'avais un ami à voir, à l'Hôpital Saint-Sauveur. C'était une ancienne connaissance, un camarade de lycée, qui faisait maintenant sa médecine et qui m'avait demandé je ne sais plus quel tuyau.
    Je quittai donc le quartier des Ecoles, je suivis la rue Lottin, pataugeant dans la boue sale. En ville, d'habitude, j'ai horreur de la neige. Mais cependant, malgré l'ignominie du cloaque où je piétinais, je me rappelle que je trouvais un certain charme à me promener à travers le vieux quartier de Saint-Sauveur. Vous avez été étudiant, vous connaissez donc Saint-Sauveur. Celui d'à présent est bien épuré, bien aéré. Tout le pittoresque en est mort. Du moins le pittoresque des vieilles choses. Moi, le Saint-Sauveur dont je vous parle, c'est celui d'il y a dix ans. J'ai l'air de jouer au vieillard, n'est-ce pas ? Mais le souci moderne de l'hygiène, la construction de l'Hôtel de Ville, de rues nouvelles, les bouleversements de toute sorte, ont métamorphosé le quartier. Il est morcelé, éventré, taillé en brèches et en trouées. Les lambeaux qui en restent sont maintenant isolés, en pleine lumière, en pleine exposition.
    En ce temps-là, au contraire, c'était encore le Saint-Sauveur médiéval. On y entrait un peu comme dans la Cour des Miracles. Il formait un tout compact, un conglomérat de vieilles bâtisses tassées, surplombant les trottoirs, croulant les unes sur les autres, coupées de ruelles étranglées et qui devaient n'offrir, à vue d'oiseau, qu'une carapace monstrueuse de toits raides, aux écailles de tuiles.
    Saint-Sauveur ne frappait pas que la vue. Il étonnait l'odorat et l'ouïe. Son odeur de peuple, ses relents de cuisine misérable, ses parfums de moisi, ses puanteurs d'essence et de produits chimiques ne se retrouvaient en aucun autre endroit. Et sa rumeur bruissante, ses cris d'enfants, ses clameurs de marchands ambulants, ses hurlements de bagarres, son argot, grasseyant et lent, spécial à ce seul quartier, je les reconnaissais, les retrouvais - non sans un certain plaisir - aussitôt tourné le coin de la rue de Paris.
    Ce soir-là, sous la neige, Saint-Sauveur se parait d'une aspect nouveau. Et tout ce pittoresque excusait à mes yeux l'inconvénient de patauger dans la boue fondante. Blanc en haut, noir en bas, le vieux quartier accusait des reliefs tourmentés. Ses toits épaissis et feutrés semblaient peser plus lourdement sur les murs décrépis. Aigus, pointus, dentelés en lame de scie, d'une pâleur vierge sur le ciel noir, il suffisait de les regarder là-haut pour évoquer l'apparition d'une chaotique cité du Moyen Âge, où la lune à son lever jetait des ombres d'encre et des blancheurs resplendissantes. Je me souviens que j'évoquais, tout en marchant, les yeux au ciel, le décor de Cyrano de Bergerac : "Un coin du vieux Paris pittoresque et lunaire", tandis qu'autour de moi une foule bien "vingtième siècle", grouillait et me bousculait. Sur les toits, je retrouvais la poésie romantique d'autrefois. Mais sur la terre, par contre, c'était toute la pouillerie de la grande ville moderne. Des paquets d'ouvriers sortaient des usines, marchaient en groupes sombres sur les trottoirs étroits, exhalant une odeur de renfermé, de suint, de métiers. Les ruelles s'obstruaient d'une engorgement de camions, d'autos, de cyclistes, de voitures. Des gerbes d'eau noire jaillissaient sous les roues. Et, en suivant la rue Wicar, je m'amusais à regarder des gosses qui ramassaient et pressaient dans leurs mains bleuies cette fange glacée pour faire des boules de neige, quand, en passant devant le seuil d'un long couloir bas, qui s'enfonçait comme l'entrée d'un souterrain dans la masse d'une vieille bâtisse, j'entendis des cris sauvages, des cris de femme que la fureur étrangle :
    - Quatre-vingt-dix francs pour ta semaine ! Tu te fous pas de ma gueule, non ? J'en veux pas, de tes quatres sous ! Il manque quarante francs, va les chercher !

Maxence van der Meersch,
Car ils ne savent ce qu'ils font... (1933)
Chapitre IV

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Halle Echevinale, Lille - 17e s.

17 Mai 2011, 18:28pm

Publié par Guil1

source : musenor

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François Watteau de Lille - La Procession de Lille (1801)

17 Mai 2011, 18:27pm

Publié par Guil1

François Watteau de Lille - La Procession de Lille (1801)

source : musenor

détail : François Watteau de Lille - La Procession de Lille (1801)

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Edouard Bolboduc - Ancien beffroi de l'Hôtel de Ville de Lille

17 Mai 2011, 18:27pm

Publié par Guil1

source : musenor

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vue d'ensemble des Halles et du Beffroi

17 Mai 2011, 18:26pm

Publié par Guil1

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Plaque commémorative de la bataille de Nieuport en 1163

17 Mai 2011, 18:26pm

Publié par Guil1

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