Beffroi de la Chambre de commerce et grand place





Je t'ai promis de te reparler de Mons. C'est en effet une ville fort curieuse. Pas un clocher gothique à Mons, car l'église chapitrale de Sainte-Waudru n'a qu'un petit clocheton d'ardoise insignifiant ; en revanche la silhouette de la ville est chargée de trois beffrois dans ce goût tourmenté et bizarre qui résulte ici du choc du nord et du midi, de la Flandre et de l'Espagne. La plus haute de ces trois tours, bâtie sur l'emplacement de l'ancien château, et, je pense, vers la fin du dix-septième siècle, a un toît vraiment étrange. Figure-toi une énorme cafetière flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n'était grand. La grandeur sauve.
Lettre de Victor Hugo du 18 août 1837 à son épouse Adèle
source : http://www.mons.be/culture/artistes-celebres/victor-hugo/lettre-du-18-aout-1837
La cloche du beffroi mugit, semant la terreur sacrée sur le passage des prêtres. Ah ! ces cloches des beffrois flamands, dont la clameur ébranle les poitrines, vibre dans les cœurs ! Quelle puissance ne durent-elles pas avoir quand, annonciatrices de colères et de révolte, elles étaient la voix de tempête, même sur la terre de Flandre courroucée ! Imaginez-vous un peuple qui court aux armes de-ci de-là dans les rues, pendant que les murs, que la terre, que le ciel vibrent à l'appel du bronze sonore !
Léon Souguenet, Le Saint-Sang à Bruges II, p.273
in Les Monstres Belges, Bruxelles, Oscar Lamberty, Éditeur, 1904